L’audace, c’est Colomb et Magellan

La Saga des Audacieux – Se rendre chez onepoint, c’est s’autoriser à penser autrement, c’est saisir les opportunités liées à la transformation digitale qui sont légion. Un espace à part où création et innovation se mêlent. Rencontre avec le Président Fondateur du groupe onepoint pour La Saga des Audacieux.

Mathilde Aubinaud : Quel est votre regard sur l’audace ?

David Layani : L’audace, c’est à la fois oser imaginer qu’il existe un chemin différent, et oser l’emprunter. C’est Colomb et Magellan, c’est Einstein avec la relativité. Il faut à la fois être capable de penser différemment et d’agir différemment. C’est prendre un risque, parce qu’on a la conviction qu’il sera payant.

En quoi est-ce une notion qui vous porte ?

L’audace est pour moi centrale, car on réduit souvent l’entrepreneur à quelqu’un qui a une bonne idée, ou quelqu’un qui sait prendre des risques. L’entrepreneur, c’est le deux à la fois : il saute un précipice, mais parce qu’il est certain que derrière la brume il y a une région merveilleuse à atteindre. Et il calcule son saut.

Plusieurs fois dans ma vie d’entrepreneur, j’ai dû imaginer ce qui était de l’autre côté du précipice et avoir le courage de sauter. Je ne l’ai jamais regretté, car sinon j’aurais fait du surplace, ou bien mon petit bout de falaise ce serait écroulé.

C’est ce qui s’est passé il y a deux ans quand j’ai racheté une entreprise de taille comparable, alors que nous traversions des turbulences, et que j’ai lancé dans le même temps une transformation complète de l’entreprise et une évolution de nos métiers.

Pourquoi avez-vous fondé onepoint ?

J’ai fondé onepoint avant tout parce que je souhaitais vivre une aventure entrepreneuriale. J’avais l’intuition qu’il était possible de rendre un meilleur service, plus sur mesure, aux entreprises pour réussir leur transformation numérique.

J’avais mon analyse du marché, la curiosité de comparer les pratiques, de comprendre les modalités de travail des entreprises à transformer. Le marché de la transformation digitale est en croissance durable : tous les secteurs sont amenés à être touchés et à connaître des transformations importantes.

Cela signifie que pour un entrepreneur qui comprend bien ses enjeux, qui a une appétence particulière pour un secteur, qui a une idée nouvelle de la manière dont peut s’établir la relation avec le client pour un service, le champ est immense.

Avec onepoint, vous repensez la sociabilité. De quelles manières ?

C’est vrai que je crois, plus que jamais dans notre univers numérique de plus en plus désintermédié, à la force de la rencontre. onepoint, ce sont des lieux forts, ce sont des valeurs humaines comme le métissage, ce sont de nombreuses occasions de rencontres et d’ouverture d’esprit.

Nous pensons des lieux qui s’y prêtent, mais qui vivent parce que les collaborateurs y prennent des initiatives formidables, qui vont de la pure convivialité, au partage de connaissances et d’expériences. C’est par ces rencontres humaines que naissent des idées nouvelles, des projets, une bienveillance qui fait que notre entreprise est appréciée des actuels salariés comme des futurs.

Qu’incarne pour vous un leader ?

Un leader, ce n’est pas quelqu’un qui vit sur une position hiérarchique. C’est pour cela que chez nous, c’est une fonction à part, qui est très différente de l’idée de manager.

Un leader émerge naturellement parce qu’il a la capacité d’entraîner d’autres collaborateurs, dans le respect de leurs personnes, de faire s’exprimer au mieux leurs compétences et leurs envies, de créer une dynamique autour d’un projet ou d’une offre de service.

Un leader chez nous est bienveillant, il est avant tout un coach, un révélateur de talents.

Selon vous, comment un salarié souhaite s’engager dans son travail ?

Aujourd’hui, les formes de l’engagement ont changé. Elles reposent moins sur la position dans un cadre hiérarchique défini qu’à l’intérêt pour la vision, les valeurs de l’entreprise, ou des projets concrets. Nous le voyons avec la génération Y : capable de travailler de manière acharnée pour un projet qui lui plaît, ayant du mal à comprendre pourquoi il faudrait s’ennuyer sur un projet plus classique.

C’est notre défi quotidien d’assurer qu’il y ait toujours suffisamment d’innovation et d’intérêt – ou une force des valeurs et de ce qui lie à l’entreprise, pour faire tenir l’ensemble !

J’en retire aussi des leçons pour un changement plus complet du monde de l’entreprise, où demain il y aura de plus en plus d’indépendants, de start-ups, qui viendront s’agglomérer à une entreprise noyau pour mener à bien des missions.

Quelles sont les figures qui vous inspirent ? Pourquoi ?

Les figures qui m’inspirent sont très différentes : il y a d’abord les figures intimes, comme ma mère, qui s’est toujours battue pour nous tout en menant sa carrière professionnelle.

Il y a les entrepreneurs de grands talents, comme Elon Musk, pour qui l’audace n’a pas de limite. Et il y a les politiques qui osent changer leur pays, avec un logiciel neuf. Nous avons une filiale au Canada, et c’est vrai que quand je vois des figures comme Justin Trudeau, comme Matteo Renzi, comme Emmanuel Macron en France, cela me redonne beaucoup d’espoir.

Avez-vous un livre qui vous a façonné ?

Un livre récent me vient en tête, Le Cercle de Dave Eggers, qui raconte à la fois la force de nos entreprises du numérique et en même temps en dénonce les effets pervers.

Je m’intéresse beaucoup aux questions de souveraineté numérique, de respect de la vie privée, de la manière dont nos outils numériques changent profondément les sociétés.

Je ne suis pas qu’un optimisme naïf : comme toute révolution, celle du numérique est à réguler ! Et je regrette parfois que notre réflexion soit encore faible en la matière….

Quel lien tissez-vous entre la politique et l’entreprise ? Les politiques comprennent-ils le monde des entrepreneurs ?

En tant qu’entreprise du numérique, nous nous intéressons à la disruption sur tous les plans, celui du monde économique comme de l’Etat, au défi de la formation et de la prise en compte des nouvelles générations. Nous ne pouvons-nous désintéresser de la démocratie numérique qui est en train de naître.

C’est pourquoi nous avons plusieurs partenariats forts en la matière, avec KANTAR d’un côté, GOV de l’autre. Ils illustrent bien les enjeux de la politique face à la transformation numérique : adapter nos outils habituels à ce nouveau contexte, comme lorsqu’il s’agit d’accompagner la transformation numérique des entreprises, le métier cœur de Onepoint ; prendre en compte la dimension bottom-up de la révolution numérique, et accompagner le développement des start-ups qui défrichent de nouveaux univers, un autre des métiers de Onepoint.

C’est de notre responsabilité sociale que d’aider à comprendre comment cela bouleverse notre rapport à la politique.

Que peut-on vous souhaiter ?

On peut me souhaiter de ne jamais perdre l’audace. De réussir mon pari, parce qu’il est bon pour toute l’économie française : de devenir un leader européen de la transformation numérique, qui aide les entreprises et les administrations de ce pays à prendre ce tournant majeur, et donc à entretenir la croissance et l’emploi dans notre pays. Un leader qui représente l’excellence de notre pays !

 

Consultez cet article sur le site de la Saga des Audacieux.

 

 

“Diriger c’est porter une vison, accompagner ses salariés et assumer la prise de risque” (EY)

Pour célébrer les 25 ans du Prix de l’Entrepreneur de l’Année organisé par EY, HSBC, partenaire de l’évènement a réuni des « dirigeants » d’horizons foncièrement différents autour d’un sujet commun : l’art de diriger.

« Diriger c’est porter une vision et assumer la prise de risque »

À 22 ans il monte son entreprise, à 38 ans il affiche 80M€ de C.A. David Layani, président-fondateur du groupe One Point incarne la réussite entrepreneuriale. Issu d’une famille de la classe moyenne, son avis sur ce que symbolise le fait de diriger a fondamentalement changé depuis qu’il est lui même chef d’entreprise. « Quand j’étais plus jeune, diriger c’était pour moi une volonté de conquête assimilée à un statut social. Aujourd’hui, cette notion de hiérarchie a disparu. Diriger c’est porter une vison, accompagner ses salariés et assumer la prise de risque. One Point est une entreprise ouverte qui a mis fin aux statuts. La seule chose dont doit se prévaloir une entreprise, c’est le développement des compétences ».

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« La France crée le plus de start-up en Europe, mais deux fois moins d’ETI » (Les Echos)

« Tout le projet doit comprendre l’évolution de notre société, que ce soit sur l’éducation, la formation, le travail, l’entrepreneuriat… Remettre au centre de la société la réussite et ne plus la mépriser, en arrêtant aussi de condamner l’échec, parce que nous créons, en France, le plus de start-up en Europe, sauf que nous faisons deux fois moins d’ETI qu’ailleurs. Nous avons aujourd’hui besoin de créer des acteurs costauds »…

J’étais l’invité des Echos, pour revoir l’interview.

 

Cybersécurité : “Les attaques ont déjà commencé” (JDD)

Voici mon interview dans le JDD du 8 janvier sur la nécessité de mettre en place une politique volontariste de cybersécurité à l’échelle nationale. Si elle semble relever de l’informatique et de la technique, en réalité, la cybersécurité est devenue l’un des garants de notre démocratie.

Quand une PME innovante est attaquée, il n’est pas rare qu’elle tombe en faillite dans l’année qui suit. Or la plupart n’ont pas les budgets suffisants pour s’équiper. Une bonne solution consisterait à créer, sur le modèle du crédit d’impôt recherche ou du Cice, un crédit d’impôt sécurité. Ce serait une façon pour l’État d’officialiser l’existence de ce risque et d’aider les entreprises à y faire face“.

Pour lire l’intégralité de l’interview

Contre la peur ? Créer une science universitaire du futur…

Vague d’attentats, instabilité économique, prééminence du chômage, les Européens sentent une violence physique et symbolique gagner notre vieux continent pacifié. Et pourtant, jamais la violence n’a décliné aussi régulièrement qu’au cours des précédentes années. Steven Pinker (Harvard) est formel : nous vivons le moment d’Histoire le plus paisible jamais connu.

C’est notre paix intérieure qui est menacée. Les individus sont déboussolés, désorientés par le rythme de bouleversements sociaux, économiques, politiques et religieux qui martèlent leurs quotidiens. L’espèce humaine, de plus en plus connectée nourrie de l’empathie médiatique, semble plus sensible à l’instabilité de son environnement.

En 1970, Alvin Toffler nous diagnostiquait un « choc du futur », nouvelle maladie psychologique de l’humanité : confusion, impuissance grandissante, incapacité collective à appréhender correctement les évènements, à prévoir leur déroulement (toujours plus rapide) et leurs conséquences (toujours plus étendues). Le contexte : un présent toujours plus rapide, éphémère et chaotique, peuplé de produits, de relations, d’attachements ou d’informations qui ne durent qu’un instant toujours plus bref.

La connaissance et le travail sont de puissants antidotes à la peur. Notre pensée sera toujours insuffisante pour rationaliser les attentats et la violence. Et pourtant, seul un travail d’anticipation, de recherche de signaux faibles et de projections peut nous sauver de cette peur si paralysante.

Je plaide pour la recréation d’une science du futur. Une science reconnue par l’université et les entreprises. Quelques grands esprits analysent les lignes d’avenir (pensons à l’Humanité 2.0 de Ray Kurzweil, récemment l’Homme Nu de Marc Dugain…), mais ils sont lus avec scepticisme. Quant aux analyses politiques, elles rebondissent au fil des évènements plutôt que d’offrir une vision de long terme, ouvrant la porte à l’angoisse collective.

Redonnons vie au futurisme. Pas pour redonner du souffle à la science-fiction. Mais pour réfléchir et formaliser des analyses anticipatoires et aux projections de long terme, qu’il s’agisse de technologie, de politique internationale, de variation climatique ou d’armement de nos ennemis.

Qu’il s’agisse de la convergence de l’homme et des réseaux grâce aux progrès de la génétique, des nanotechnologies et de la robotique – dont l’intelligence artificielle, de la réalité virtuelle ou des véhicules autopilotés… Le champ de la recherche n’attend que nous.

Créer une science du futur, c’est décider de donner une alternative à la peur : nous approprier la réalité et donner libre cours à l’intelligence et la créativité humaines.