Qu’est-ce que l’innovation ?

La France est le 3ème pays le plus innovant au monde, en tête de l’Europe, juste derrière les Etats-Unis et le Japon (classement par Thomson Reuters). Elle se mesure en nombre de brevets et à leur influence dans le monde. Mais comment pouvons-nous, nous les entrepreneurs, stimuler l’innovation dans nos entreprises au quotidien ?

Et si l’innovation, c’était dans l’air ? La théorie du centième singe est fascinante. En 1952, dans une île japonaise, des chercheurs ont jeté des patates douces à des singes sur la plage. Les singes les mangeaient mais appréciaient peu le sable qu’ils ingurgitaient. Un jour, une femelle eût l’idée de les laver dans la mer. Elle apprend ce geste à d’autres femelles ainsi qu’aux plus jeunes, devant les regards dédaigneux des plus vieux singes. Au moment où le centième singe apprend ce geste, tous les singes de l’île ont spontanément l’idée de laver les patates douces. L’énergie mentale des 100 a permis une véritable percée idéologique qui a immédiatement bénéficié à toute la communauté. Plus frappant encore, au même moment, 90 kilomètres plus loin, une autre communauté de singes s’est mise spontanément à laver ses aliments dans la mer. Il y aurait comme une énergie, une inconscience collective, de l’innovation.

L’émergence d’une innovation dépend de l’image que nous avons du futur. Si une idée n’est pas compatible avec la représentation qu’une collectivité se fait du futur, elle n’émergera pas. Si on se fait une image du futur très technologique et robotisée. Les innovations en matière d’exploitation de matière naturelle auront peu de place. Inversement, dans la représentation d’un futur aux accents de nature, de durabilité, de sobriété énergétique, les innovations en matière de jeux vidéos auront peu d’écho. Toute entreprise a intérêt à générer ses propres images de l’avenir, et donc une vision, qui permette de faire émerger des innovations créatrices de richesses pour elle.

Pourtant, l’innovation reste captée par un seul individu : le premier singe qui lave la patate. Son motif n’est pas le bien commun, mais la reconnaissance ou l’enrichissement. C’est cet individualisme-là qui est le paratonnerre de l’innovation. Toute la difficulté pour l’entreprise réside dans cette dialectique entre le collectif et l’individuel. Renforcer les conditions collectives de l’innovation et faire grandir simultanément des individus forts et assurés, capables de rechercher le profit et la reconnaissance, juste pour eux-mêmes.

L’innovation n’est pas le résultat mécanique d’une technique ou d’une organisation. Elle n’est pas rationnelle. Elle est relationnelle.