Et si c’était hackers, les démocrates ?

Il suffit de 4 points géospatiaux (localisation + temps) pour identifier 95 % des individus. La révolution technologique a conféré plus de capacités de surveillance aux forces de l’ordre, notamment grâce aux caméras et aux drones.

Pour Moxie Marlinspike, un des meilleurs développeurs de crypto protocoles au monde, c’est un exemple de servitude volontaire. Une crypto guerre fait donc rage entre les autorités et les défenseurs du respect de la vie privée. Et dans ce contexte, la naissance récente du plus grand réseau entièrement crypté au monde (WhatsApp – un milliard d’utilisateurs actifs –, qui a intégré le plus puissant logiciel de cryptage, développé par Moxie) est un coup dur pour les autorités.

Les plus mesurés affirment qu’il faut trouver le bon équilibre entre la sécurité de tous et la vie privée de chacun et que, dans cette optique, autoriser une « backdoor » (un accès), par les autorités, aux informations personnelles est à la fois nécessaire et inévitable. Sauf qu’autoriser une backdoor dans WhatsApp ou dans tout autre système de communication, c’est autoriser une faille qui remet en question l’utilité et la fonction mêmes du système – à savoir l’envoi de messages personnels, à caractère privé. L’engouement pour des Apps telles que WhatsApp et Facebook Messenger est révélatrice d’une évolution prometteuse, selon eux, de l’industrie des télécoms : sa séparation économique du pouvoir politique permet d’entrevoir une infrastructure construite de façon à résister à l’intrusion (la surveillance) de l’Etat.

Au-delà de la surveillance elle-même, la communauté des hackers s’organise pour défendre la démocratie et la liberté du citoyen dans ces nouvelles interfaces numériques. Déjà à l’origine du logiciel libre, les hackers veulent contester le modèle intrusif et marchand des Big Data. Ils veulent retrouver l’homme dans la matrice. L’opacité empêche l’individu de reprendre le contrôle de cette partie de leur liberté qu’ils ont confié aux systèmes numériques.

Les hackers sont des piqûres de vigilance. Mais il revient à l’individu de retrouver sa liberté face à la matrice. Que sommes-nous prêts à abandonner pour quel profit ? Comment définissons-nous les contours de notre sécurité et quel nouvel équilibre avec la liberté ? L’individu et son nouveau double numérique vont s’affirmer dans une nouvelle échelle de valeurs. L’enjeu sera de préserver la créativité et la spiritualité.

Et si c’était hackers, les démocrates ? was last modified: octobre 4th, 2016 by DavidLayani